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Teojusin — dictionnaire des figures mythologiques coréennes : symbole et archétype

Teojusin est une divinité domestique qui protège l'emplacement de la maison et la terre, symbolisant la stabilité et les limites du lieu où vivent les humains.

Dernière révision 2026-06-12

Teojusin est, dans les croyances populaires coréennes, une divinité domestique qui protège le terrain de la maison. Comme la maison n’était pas considérée comme un simple bâtiment, mais comme un monde de vie établi sur une terre précise, on pensait que ce terrain avait son maître. Teojusin est compris, avec d’autres divinités domestiques comme Seongjusin, Jowangsin ou Eopsin, comme un être qui protège la paix du foyer et la fortune familiale. La manière de le vénérer varie selon les régions et les familles, et il est souvent associé au teojugari, à une jarre, à l’arrière-cour ou aux abords du jangdokdae.

Vue d’ensemble

Domaine et rôleSymbolesSourcesCoutumes associées
Divinité protectrice du terrain de la maison, divinité domestique de la terre et des limitesTerrain, jarre, arrière-cour, jangdokdae, stabilitéCroyances populaires, traditions des divinités domestiquesGosa, teojugari, prières lors d’un déménagement ou de la construction d’une maison

Mythe central — épisode représentatif

Teojusin n’est pas tant le protagoniste d’un long récit qu’une divinité dont la présence se révèle dans les rites du quotidien. Lorsqu’ils construisaient une maison ou déménageaient, les gens priaient pour que le terrain soit paisible ; quand un problème survenait dans le foyer, ils se demandaient parfois si l’énergie du lieu était troublée. Cette idée suppose que la stabilité de la vie ne vient pas seulement de l’intérieur du bâtiment, mais aussi de la relation avec la terre.

Les façons d’honorer Teojusin différaient selon les régions et les familles. Dans certains endroits, on plaçait une jarre remplie de riz ou un teojugari fait de paille, puis on y déposait de la nourriture lors des fêtes ou des gosa. Les traditions varient, mais Teojusin est généralement lié à l’arrière de la maison, aux alentours du jangdokdae et aux espaces stables de la cour. Il n’est pas une divinité principale très visible, mais le dieu qui soutient le sol même de la maison.

La croyance en Teojusin est aussi liée aux biens matériels. On pensait qu’un terrain stable permettait à la famille de ne pas se disperser et au ménage de prospérer. Pourtant, le coeur de Teojusin n’est pas de devenir riche, mais de « prendre place ». Choisir un lieu où vivre, ne pas entrer en conflit avec ce lieu, transformer une terre inconnue en maison : tout cela relève du domaine de Teojusin.

Lecture archétypale — perspective jungienne

Dans une perspective jungienne, Teojusin est le gardien du lieu et l’archétype de la fondation. Il symbolise le sol qui soutient la vie plus que des objectifs éclatants. Dans un sens moderne, il ressemble à des scènes discrètes mais fondamentales pour toute activité : stabilité résidentielle, rangement d’un atelier, établissement des règles de base d’une organisation.

L’archétype de Teojusin fait poser la question : « où est-ce que je me tiens ? » Même un bon projet ne dure pas si son terrain est instable. C’est pourquoi Teojusin prend encore plus de sens à une époque de mobilité fréquente. Il est un symbole de relation avec la terre, de respect pour le lieu où l’on demeure et de construction lente du centre de la vie quotidienne.

Figures à lire aussi

Lire aussi Jowangsin, Seonangsin et Sansinryeong permet de voir se prolonger l’ordre protecteur de la maison, du village et de la montagne.

Questions fréquentes

Q. Teojusin est-il la même divinité que Seongjusin ?

A. Tous deux sont des divinités domestiques, mais leurs rôles se distinguent. Si Seongjusin est considéré comme la grande divinité maîtresse du foyer, Teojusin est plus proche de la terre sur laquelle se dresse la maison et de la stabilité du terrain.

Q. La croyance en Teojusin doit-elle seulement être vue comme une superstition ?

A. D’un point de vue moderne, indépendamment de la foi, on peut la lire comme le symbole d’une éthique de vie qui ne traite pas à la légère l’espace d’habitation et la terre.


Le dictionnaire des figures mythologiques lit les mythes comme un langage symbolique, non comme des faits. Les archétypes ne sont que des outils d’interprétation ; ils ne définissent pas les personnes.

Références

Textes premiers et ouvrages de référence pour cette mythologie. La notice ci-dessus s’appuie sur les récits que ces sources transmettent.

  • Il-yeon. Samguk yusa (Memorabilia of the Three Kingdoms), c. 1281.
  • Kim Bu-sik. Samguk sagi (History of the Three Kingdoms), 1145.
  • Yi Gyu-bo. “Dongmyeong-wang pyeon” (Lay of King Dongmyeong), 1193, in Dongguk Isangguk jip.
  • National Folk Museum of Korea (2009–2011). Encyclopedia of Korean Folk Beliefs.