Psychologie des styles d'apprentissage — comment est-ce que je retiens le mieux ?
Le modèle VARK (visuel, auditif, lecture/écriture, kinesthésique), ses limites, la théorie de l'apprentissage expérientiel de Kolb et ce qu'est réellement un apprentissage personnalisé. Avec le test de style d'apprentissage, pour trouver la stratégie qui vous convient.
Dernière révision 2026-05-05
Qu’est-ce qu’un style d’apprentissage
« Il faut que je voie les choses pour les retenir. » « Je comprends mieux quand on me l’explique à l’oral. » « Tant que je ne l’ai pas fait moi-même, ça ne rentre pas. »
Ces phrases vous sont familières ? C’est là tout le cœur intuitif de la théorie des styles d’apprentissage.
Un style d’apprentissage désigne la manière qu’une personne préfère employer pour traiter et mémoriser l’information. La notion suscite un vif intérêt dans le monde éducatif depuis les années 1970, et de nombreux enseignants et apprenants s’en servent encore aujourd’hui.
Le modèle VARK
La classification la plus connue est le modèle VARK (Neil Fleming, 1987).
| Type | Description | Méthodes privilégiées |
|---|---|---|
| V — Visuel | Comprend par les graphiques, schémas, diagrammes, dispositions spatiales | Cartes mentales, schémas, code couleur, vidéos |
| A — Auditif | Apprend par le son, les explications, la discussion, le rythme | Cours magistraux, lecture à voix haute, débats, podcasts |
| R — Lecture/Écriture | Comprend par le texte, les listes, les notes | Lecture, prise de notes, résumés, dissertations |
| K — Kinesthésique | Apprend par la pratique, l’expérience, les exemples | Faire soi-même, apprentissage sur le terrain, études de cas |
Les limites du VARK : la critique scientifique
Fait notable : les théories des styles d’apprentissage comme VARK manquent de preuves scientifiques.
Le problème central : l’affirmation selon laquelle « on retient mieux en apprenant selon son propre style » n’est pas confirmée de façon constante par les expériences contrôlées.
Ce que montrent plusieurs travaux :
- Les gens ont bel et bien des préférences pour certaines modalités
- Mais les preuves d’une meilleure performance lorsqu’on apprend dans cette modalité sont faibles
- C’est plutôt la nature du contenu qui compte davantage que la modalité (les figures fonctionnent en mathématiques, le texte en langues)
Faut-il en conclure que les tests de style d’apprentissage sont inutiles ? Pas nécessairement.
La véritable valeur des styles d’apprentissage
La valeur réelle de cette notion ne tient pas à l’appariement des styles mais à la connaissance de soi.
- Repérer ce qui vous disperse : « Je suis sensible au bruit, je n’arrive pas à travailler au café. »
- Exploiter vos points forts : « Je comprends vite à l’oral, je commence donc par une vidéo. »
- Compenser vos points faibles : « Lire seul m’endort, je prépare donc des questions avant de lire. »
- Optimiser votre environnement : connaître ses habitudes pour ajuster son cadre de travail.
La théorie de l’apprentissage expérientiel de Kolb
David Kolb décrit l’apprentissage comme un cycle en quatre étapes.
Expérience concrète (Concrete Experience)
↓
Observation réfléchie (Reflective Observation)
↓
Conceptualisation abstraite (Abstract Conceptualization)
↓
Expérimentation active (Active Experimentation)
↓
(retour à l'expérience)
Quatre profils selon l’étape que l’on privilégie :
| Profil | Points forts | Préférences |
|---|---|---|
| Divergent | Production d’idées, sensibilité | Expérience + réflexion. Remue-méninges |
| Assimilateur | Théorisation logique | Réflexion + conceptualisation. Cours, théorie |
| Convergent | Application pratique | Conceptualisation + expérimentation. Résolution technique |
| Accommodateur | Orientation vers l’action, adaptation | Expérimentation + expérience. Faire soi-même |
La métacognition : la vraie compétence d’apprentissage
Au-delà du débat sur les styles, la compétence que les sciences cognitives placent au premier rang est la métacognition.
Métacognition : la capacité de savoir ce que l’on sait et ce que l’on ignore. Évaluer avec justesse « est-ce que j’ai vraiment compris ? ».
Métacognition faible : illusion de fluidité — confondre la familiarité d’un texte relu avec sa compréhension réelle Métacognition élevée : distinguer compréhension réelle et compréhension superficielle, et choisir la stratégie adaptée
Comment la développer :
- S’auto-tester après l’étude (vérifier l’exactitude)
- Expliquer à voix haute (on bute là où l’on ne sait pas)
- Analyser ses erreurs (comprendre pourquoi on s’est trompé)
Trouver la stratégie qui vous convient
Étape 1 : partir d’un test de style d’apprentissage Comprendre vers quelle modalité vous allez spontanément.
Étape 2 : appliquer les méthodes dont l’efficacité est établie Rappel actif, répétition espacée, élaboration — des méthodes appuyées par la recherche.
Étape 3 : expérimenter et ajuster Essayer plusieurs approches et vérifier, sur vos résultats réels, celle qui fonctionne pour vous.
Étape 4 : adapter la méthode au contenu Résoudre des exercices en mathématiques, se tester en histoire, parler en langues — chaque contenu appelle sa méthode.
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